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Le tiercé gagnant de M. Balmand

Les conférences de presse de M. Balmand se suivent et se ressemblent. Elles se déroulent en trois temps : autosatisfaction, allégeance, apostasie. Exercice nécessaire, mais difficile, qui a pour condition la parfaite maîtrise de l’art du mensonge. La technique de M. Balmand, en la matière, repose en général sur l’affirmation conjointe de deux vérités opposées et incompatibles. Il a sans doute été à bonne école, car il maîtrise cet art à la perfection.

Premier temps : autosatisfaction

Le premier temps est un exercice d’auto-congratulation qui repose chaque fois et uniquement sur les chiffres : le nombre d’élèves est en hausse. « Ces données statistiques manifestent la vitalité de nos établissements comme la confiance que leur font les parents », dit M. Balmand. Bien entendu, la question de savoir pourquoi les élève affluent est passée sous silence. Sûrement pas pour réclamer le baptême, ça va sans dire. Mais ça va mieux en le disant. Mais comme tout le monde sait que l’enseignement catholique ne se porte bien que parce que l’enseignement public se porte mal, il faut donc passer immédiatement au second temps.

Second temps : allégeance

Le second temps est l’affirmation que cette hausse des effectifs ne nuit en rien à l’enseignement laïc. « L’enseignement catholique n’est pas dans une logique de concurrence mais de participation et d’association avec l’enseignement public », dit-il. Cela se voit car les priorités de l’enseignement sous contrat sont toujours, comme par hasard, les mêmes que celles du ministère (en ce moment, le mot d’ordre est : mixité sociale). D’autre part, M. Balmand se déclare aux ordres pour mener une politique de « maillage territorial » conforme aux vœux du gouvernement. Le cas de la suppression par M. Bauquis d’un collège privé là où un collège public existait, pour en ouvrir un là où il n’y avait rien, et cela explicitement au nom de l’« aménagement du territoire ») est une exemple patent dont j’ai longuement parlé (http://chroniquedelecolepriveedeliberte.hautetfort.com/sacre-coeur-severac-le-chateau/). Pour que le ministère laisse faire, il faut qu’il soit sûr que les élèves qui quittent le public pour le privé n’échapperont pas à l’emprise de sa propagande. Le troisième temps est là pour ça.

Troisième temps : apostasie

C’est le temps le plus délicat. Il faut se faire entendre des réseaux qui irriguent le système d’enseignement public et ont colonisé l’enseignement sous contrat, en omettant de prononcer le mot « catholique », du moins quand il s’agit de rappeler l’exigence de l’annonce de l’Evangile, ou même l’existence d’une morale chrétienne incompatible avec l’avortement, le divorce, le mariage pour tous et autres « lois sociétales » dont l’apologie s’étale sans vergogne dans les manuels scolaires. Il faut en même temps endormir la méfiance des rares parents qui croient encore au caractère vraiment catholique des écoles sous contrat. Il faut donc trouver le moyen de prononcer le mot catholique, sans qu’il recouvre aucune réalité concrète et pratique.

M. Balmand a une solution, c’est de prétendre être « enraciné dans la doctrine sociale de l’Église ». L’avantage, c’est que personne ne la connaît, cette doctrine. Mais ceux qui la connaissent savent qu’un des piliers en est le principe de subsidiarité. Or, l’enseignement sous contrat applique des programmes définis par le ministère ; il met les écoles sous la « tutelle » de directions diocésaines qui nomment les directeurs et les professeurs, et se donnent droit de vie et de mort sur les établissements. Où est la subsidiarité ? Nulle part.

M. Balmand le déclare d’ailleurs ouvertement : « En matière éducative, je suis favorable à l’initiative mais pas à la concurrence. » Mais aucune initiative peut exister si la concurrence est interdite. On n’a jamais le choix entre les deux car l’une ne va pas sans l’autre. On peut avoir ou bien l’initiative et la concurrence, ou bien le monopole et la sujétion.

C’est cette dernière voie que M. Balmand a choisie.

 

Lien permanent Catégories : Balmand (Pascal) 0 commentaire Imprimer

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